26/09/2016

il y a quelque chose de pourri aux royaumes des privilégiés

metier-a-tisser-1.jpg

il y aura toujours ces herbes dans les jardins en creux
dans les rêveries vagabondes
entre deux trous de pots d'échappement
et des peaux à ignorer un peu pour mieux lécher
et des inconvenantes délicatesses
et des incommensurables désirs à ne pas être là
et des injonctions du monde en guise d'interstices

et ces cordes sur lesquelles on tire comme des pendus
et ces liens pour lesquels on ne dirait plus rien
et ces exactitudes dont les corps ne foutent
et ces silences qui virevoltent jusqu'à tuer le pas
et les permissions qu'on oublie parce que nous ne sommes plus des gamins
et les sorties de secours terriers trop petits pour nos corps

et rien ne lâche
et tout est lâche
et la pugnacité du végétal
et la véracité de l'animal
et l'inconditionnelle mesure que l'humain aime trop la mort.


19/04/2016

à un moment

à un moment précis, 

on a envie de coller tous les moments ensemble, passés à être en train d'être

d'appuyer pour que la colle sèche

que les strates ne soient plus que ligne

et qu'enfin, on puisse être funambule mais en marche 

vers d'autres strates

mais le vivant ne s'empare jamais des lignes, ni des carrés d'ailleurs.

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13/04/2016

corps célestes

faute de terres.

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lonesome cowboys

"La solitude. C'était l'unique passion réellement active qui me restait à présent, ma seule obsession véritable. J'avais acquis, du moins l'espérais-je, avec les années, les mauvaises années en particulier, une certaine patience, et je me considérais comme relativement mesuré dans mes propos, et même persévérant, vertus qui m'avaient toujours si évidemment manqué, et je voyais comme enfin révolue l’époque ou je m’épuisais en rébellions futiles. (...) À présent je menais, ou du moins en avais-je l'illusion, une guerre beaucoup plus saine, plus limitée, plus circonspecte : elle consistait essentiellement en évitements prudents et en retraites mûrement préméditées."

(Alfred Hayes, Une jolie fille comme ça)

 

Vintage shot of a dive in Erie school, Erie, Pennsylvania.jpg

Marina Abramovic and Ulay. That Self–Point of Contact. 1980.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Wally Elenbaas. Alice. 1953-1955.jpg
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Et si nous revenons à la solitude, il nous devient de plus en plus clair qu’elle n’est pas une chose qu’il nous est loisible de prendre ou de laisser. Nous sommes solitude. Nous pouvons, il est vrai, nous donner le change et faire comme si cela n’était pas. Mais c’est tout."
(Rilke, lettre à un jeune poète)

best of

fragments du réel.
morceaux choisis.
ordre rétabli dans éparpillement engoncé.
coeur sourire à plat.
valises boulets.
ombres de l'enfance vacillent.
reconnaissance d'un corps à tendre.
division et multiplication.
virages intestins.
mardis, samedis, tous éteints.
vite, combles.
vite, caves.
vite, supérettes d'Eros.
vite, les autres autour.
vite, couleuvres et méduses.

je viens d'apprendre qu'une pieuvre s'est échappée d'un aquarium par un tuyau de vidange pour retrouver la mer.

ouf

ça

c'est

une

vraie

bonne

nouvelle.

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autre

tu ne sais rien de mon angoisse
rien de mes journées avortées
tu voudrais ombre implacable
coller à ma peau
et suivre le lent cheminement
de la mort dans mes veines
ombre implacable d'un amour
qui aurait pu vivre
comme une semence détachée
de ses yeux

Francis Giauque, Terre de dénuement, 1968.

12/04/2016

NDE

en un clin d'oeil,
faire le tour d'un temps barbelé et plus si affinités
et les voir défiler
ces moments où la vérité semblait être centre

curieux moment comme d'avant la mort
roulement de tambours et vrille de ventricules


film à couper au couteau
montage en quête de calme.

 

Un_Chien_Andalou2.jpgbunuel-dali-un-chien-andalou.jpg

laissée

c'est le moment du corps en berne, l'immense intimité réduite au froid, l'incommensurable promesse dévitalisée.
Un je retrouvé perdu au bord d'un trottoir une nuit, hagard et virulent, cherchant querelle aux vents et au sol. Sommeil hachuré et os encrassés.
Les maisons s'allument et s'éteignent avec les choses du jour et de la nuit.
Plus rien ne frémit, aucun bruit n'est précieux.
Le soupir et l'épaule coincés sous le tapis.
Les mots interviennent dans le coeur, ils percent, ils frappent, ils désolent.
Le son ne fait pas sens, alors tout est infiltré, tout s'atténue quand il y a la litière à changer, le coin de table à cogner, la lessive à étendre, le pas de porte à franchir, cette rue à ne pas concevoir, ce lieu à ne pas revisiter.
Le goût d'un sac en plastique sous la langue.
L'odeur d'un marais dans l'oeil.
Et la neutralisation de l'écho.
Et la neutralité des va-et-vients.

Leila Forés. Invisible day. 2015.jpgça s'évapore, pourrait susurrer le temps à l'oreille
ça resourcillera, pourrait craqueler la peau
ça répercutera, pourrait déniveler le regard dans le noir

y a rien qui vaille.

fantômes, consolez.

10/04/2016

d'avant là

qu'allons nous faire des souvenirs, de ceux qui n'ont eu d'éclat qu'avec le corps, les ferons nous vriller vers le non-sens, le monstre puis l'oubli? auront-ils le goût des autres choses qui n'ont pas fait bon vivre? la coagulation fait elle effet après la brèche dans la paroi? la vasoconstriction rendra t elle l'image floue? que deviendront-ils ces instants T où toutes les verticalités s'accordaient où toutes les singularités fusaient? que deviennent les souvenirs dont la trace ne semblaient pourtant pas importante au moment mais qui le lendemain faisait le bout de chemin en plus? comment ne pas figer les étapes en un creux? DSC02889.JPG comment ne pas faire l'amalgame entre les mots et les caresses? comment nourrir l'indépendance de chaque souvenir pour qu'aucun ne s'épuise avec le temps et la colère et la tristesse? comment éviter que les strates de la somesthésie s'aplatissent? comment ne pas sombrer après que chaque je t'aime ait été si grandiloquent ? comment garder le possible qui a été ferment dans sa ténacité, sa tension et sa vigueur? comment ne pas rester embrumée dans le trop de réponses faites par soi-même? comment scruter son squelette sans échouer sur les fractures? comment garder la lumière du phare quand les plombs ont sauté? comment rester vivante dans les dermes quand la peau n'est plus tendue que par la torpeur? 

25/01/2016

décalage horaire

y a des 22h22 vraiment plus rudes que d'autres.

Question de latitudes...schema-pour-le-1.png

re-cherche

raymond radiguet diable corps encheres.jpg silences - diable en retrait - propositions impositions sans mains - quête d'un temps sans soi-e - parloir bouche cousue - attentions à ne pas prêter attention aux détails - conseils à un jeune mort - précautions - bousculades intérieures, ne montre rien - pleurs d'oreilles, peurs de tempes - abandon d'un temps - manque de virage - vie, vie, vie, pends ton cou à tes jambes - vrilles - noeuds émouvants - sympathie pour le diable, en retrait - aversion pour les caves - tire la bobinette - tire une tronche - tire la chasse - tire sur l'ambulance - conséquences de l'amour - conséquences des zones de confort - permutations - lits creux - bras insensés - bouches doubles - poils et suées - éteins ne dis rien - pas d'ailleurs, pas d'ici - rewind futile - silences.

02/11/2015

Le guignon de Mallarmé

 

Brouillons d'écrivains Georges Bataille, Les Larmes d'Éros.jpgAu-dessus du bétail ahuri des humains
Bondissaient en clartés les sauvages crinières
Des mendieurs d'azur le pied dans nos chemins.

Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières
La flagellait de froid tel jusque dans la chair,
Qu'il y creusait aussi d'irritables ornières.

Toujours avec l'espoir de rencontrer la mer,
Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes,
Mordant au citron d'or de l'idéal amer.

La plupart râla dans les défilés nocturnes,
S'enivrant du bonheur de voir couler son sang,
Ô Mort le seul baiser aux bouches taciturnes !

Leur défaite, c'est par un ange très puissant
Debout à l'horizon dans le nu de son glaive :
Une pourpre se caille au sein reconnaissant.

Ils tètent la douleur comme ils tétaient le rêve
Et quand ils vont rythmant des pleurs voluptueux
Le peuple s'agenouille et leur mère se lève.

Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux ;
Mais traînent à leurs pas cent frères qu'on bafoue,
Dérisoires martyrs de hasards tortueux.

Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue,
Ils mangent de la cendre avec le même amour,
Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue.

Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour
La servile pitié des races à voix ternes,
Egaux de Prométhée à qui manque un vautour !

Non, vils et fréquentant les déserts sans citerne,
Ils courent sous le fouet d'un monarque rageur,
Le Guignon, dont le rire inouï les prosterne.

Amants, il saute en croupe à trois, le partageur !
Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare
Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur.

Grâce à lui, si l'un souffle à son buccin bizarre,
Des enfants nous tordront en un rire obstiné
Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare.

Grâce à lui, si l'une orne à point un sein fané
Par une rose qui nubile le rallume,
De la bave luira sur son bouquet damné.

Et ce squelette nain, coiffé d'un feutre à plume
Et botté, dont l'aisselle a pour poils vrais des vers,
Est pour eux l'infini de la vaste amertume.

Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers,
Leur rapière grinçant suit le rayon de lune
Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers.

Désolés sans l'orgueil qui sacre l'infortune,
Et tristes de venger leurs os de coups de bec,
Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune.

Ils sont l'amusement des racleurs de rebec,
Des marmots, des putains et de la vieille engeance
Des loqueteux dansant quand le broc est à sec.

Les poètes bons pour l'aumône ou la vengeance,
Ne connaissant le mal de ces dieux effacés,
Les disent ennuyeux et sans intelligence.

" Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez,
" Comme un vierge cheval écume de tempête
" Plutôt que de partir en galops cuirassés.

" Nous soûlerons d'encens le vainqueur dans la fête :
" Mais eux, pourquoi n'endosser pas, ces baladins,
" D'écarlate haillon hurlant que l'on s'arrête ! "

Quand en face tous leur ont craché les dédains,
Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre,
Ces héros excédés de malaises badins

Vont ridiculement se pendre au réverbère.

24/10/2015

noeud #18476#

le souci est l'immobilisme
qui empiète sur la notion de confort
et balaie devant la porte de la sclérose.

voyager immobile.
comment voyager dans l'espace temps dans une machine qui ne nécessite pas qu'elle se déplace...
comment être en mouvement même assis-couché-debout?

 

question simple posé à mon âme totalisante et à mon inconscient totalitaire.

Noell Oszvalld (2).jpg

 

(art by Noell Oswalld)

09/09/2015

Extrait de La vie est courbe, de Jacques Rebotier

acte 1, scène 2:

En revenant d'une soirée, une jeune femme dont j'ai oublié le nom décida de me faire une pipe. Dans sa R 5 ( je ne conduisais jamais ). Faisant appel à toute la force de mon vide, je réussis à être de bois, sauf là où précisément il eût fallu que je le fusse.
Elle en resta ... On n'est pas de bois, quand même !
Si.

D'ailleurs, je rayai les soirées.

Pendant vingt-cinq ans, je fus patiemment à la recherche du meilleur moyen d'avoir tort.

"Très tôt j'ai manifesté cette aptitude à l'inexistence.

Aussi loin que je me souvienne, j'ai eu besoin de m'effacer dans les portes, les fleurs des papiers peints, la pénombre des couloirs de bureaux.

Vers dix-huit ans, je tendis vers le nul.

Ne pas faire de vagues, qui peuvent provoquer des cataclysmes.
Ne pas avoir d'opinions, d'où savent toujours surgir les vagues.
Mettre le pied sur toute source d'opinion !

Aux propositions d'avancement dans mon emploi, comme aux avances des filles, je répondais par des reculades incolores. En fait, je ne reculais nullement - ce qui eût peut-être trahi un début d'émotion -, je stationnais.

Je fus successivement un écrivain rentré, un chirurgien rentré, un mathématicien rentré, un chef de projet rentré, un pupitreur rentré, un aide-comptable rentré et un être humain rentré. Sur la voie de la néganthropie je progressais à pas de loup (discret).

"N'oublie pas ton écharpe transparente" disait Maman."
A l'arrêt de bus, je laissais passer tout le monde pour ne pas avoir l'air de ne pas laisser passer tout le monde. Chaque jour, j'attendais ainsi des heures entières. La police finit par m'embarquer pour tapinage.
Je m'abstins soigneusement de nier.

Fin des transports en commun !

A vingt-neuf ans, j'avais réussi à ne plus entendre les questions que l'on me posait.
Tout désir sexuel s'était maintenant évanoui du champ de mon inconscience. Presque disparu : certains diptères, à cause sans doute de ce que je soupçonnai être leur propre tendance à la micromanie, m'inspiraient encore quelque tressaillement, avec leur tout petit derrière qui s'agitait faiblement.
Je les exterminai.

A quarante ans, j'étais un micromane confirmé ; non seulement j'ignorais les autres - individuellement et dans leur globalité - mais les autres m'ignoraient. Aucune invite, aucun signe, de quelque sorte qu'ils fussent, ne me parvenait plus, car j'émettais, avec économie, les plus clairs signaux de l'insignifiance.

J'éradiquai, j'éradiquai toujours.

Ma méthode était simple. De soi-même on pouvait toujours effacer la moitié, puis la moitié, puis encore la moitié. (Les moitiés s'effondraient comme des falaises).
Je visais l'anti-moi.

Durant toutes ces périodes, la télévision m'aida beaucoup.

Mon comportement prodigieusement vidogène, néantifère, finit par porter effet sur mon entourage : mon hamster commença à ne plus me regarder, le facteur à ne plus apporter mon courrier, la sonnette d'entrée à ne plus vouloir sonner.

Je mourus dans ma propre indifférence."

03/07/2015

de George Sand à...

Lettre de George Sand à Pietro Pagello DSC09320.JPG

" Nés sous des cieux différents, nous n'avons ni les mêmes pensées ni le même langage ; avons-nous du moins des cœurs semblables ?

Le tiède et brumeux climat d'où je viens m'a laissé des impressions douces et mélancoliques : le généreux soleil qui a bruni ton front, quelles passions t'a-t-il données ? Je sais aimer et souffrir, et toi, comment aimes-tu ?

L'ardeur de tes regards, l'étreinte violente de tes bras, l'audace de tes désirs me tentent et me font peur. Je ne sais ni combattre ta passion ni la partager. Dans mon pays on n'aime pas ainsi ; je suis auprès de toi comme une pâle statue, je te regarde avec étonnement, avec désir, avec inquiétude.

Je ne sais pas si tu m'aimes vraiment. Je ne le saurai jamais. Tu prononces à peine quelques mots dans ma langue, et je ne sais pas assez de la tienne pour te faire des questions si subtiles. Peut-être est-il impossible que je me fasse comprendre quand même je connaîtrais à fond la langue que tu parles.

Les lieux où nous avons vécu, les hommes qui nous ont enseignés, sont cause que nous avons sans doute des idées, des sentiments et des besoins inexplicables l'un pour l'autre. Ma nature débile et ton tempérament de feu doivent enfanter des pensées bien diverses. Tu dois ignorer ou mépriser les mille souffrances légères qui m'atteignent, tu dois rire de ce qui me fait pleurer.

Peut-être ne connais-tu pas les larmes.

Seras-tu pour moi un appui ou un maître ? Me consoleras-tu des maux que j'ai soufferts avant de te rencontrer ? Sauras-tu pourquoi je suis triste ? Connais-tu la compassion, la patience, l'amitié ?

On t'a élevé peut-être dans la conviction que les femmes n'ont pas d'âme. Sais-tu qu'elles en ont une ? N'es-tu ni chrétien ni musulman, ni civilisé ni barbare ; es-tu un homme ? Qu'y a-t-il dans cette mâle poitrine, dans cet œil de lion, dans ce front superbe ? Y a-t-il en toi une pensée noble et pure, un sentiment fraternel et pieux ? Quand tu dors, rêves-tu que tu voles vers le ciel ? Quand les hommes te font du mal, espères-tu en Dieu ?

Serai-je ta compagne ou ton esclave ? Me désires-tu ou m'aimes-tu ? Quand ta passion sera satisfaite, sauras-tu me remercier ? Quand je te rendrai heureux, sauras-tu me le dire ?

Sais-tu ce que je suis, ou t'inquiètes-tu de ne pas le savoir ? Suis-je pour toi quelque chose d'inconnu qui te fait chercher et songer, ou ne suis-je à tes yeux qu'une femme semblable à celles qui engraissent dans les harems ? Ton œil, où je crois voir briller un éclair divin, n'exprime-t-il qu'un désir semblable à celui que ces femmes apaisent ? Sais-tu ce que c'est que le désir de l'âme que n'assouvissent pas les temps, qu'aucune caresse humaine n'endort ni ne fatigue ?

Quand ta maîtresse s'endort dans tes bras, restes-tu éveillé à la regarder, à prier Dieu et à pleurer ?

Les plaisirs de l'amour te laissent-ils haletant et abruti, ou te jettent-ils dans une extase divine ? Ton âme survit-elle à ton corps, quand tu quittes le sein de celle que tu aimes ?

Oh ! quand je te verrai calme, saurai-je si tu penses ou si tu te reposes ?

Quand ton regard deviendra languissant, sera-ce de tendresse ou de lassitude ?

Peut-être penses-tu que tu ne me connais pas… que je ne te connais pas. Je ne sais ni ta vie passée, ni ton caractère, ni ce que les hommes qui te connaissent pensent de toi. Peut-être es-tu le premier, peut-être le dernier d'entre eux. Je t'aime sans savoir si je pourrai t'estimer, je t'aime parce que tu me plais, peut-être serai-je forcée de te haïr bientôt.

Si tu étais un homme de ma patrie, je t'interrogerais et tu me comprendrais. Mais je serais peut-être plus malheureuse encore, car tu me tromperais.

Toi, du moins, ne me tromperas pas, tu ne me feras pas de vaines promesses et de faux serments. Tu m'aimeras comme tu sais et comme tu peux aimer. Ce que j'ai cherché en vain dans les autres, je ne le trouverai peut-être pas en toi, mais je pourrai toujours croire que tu le possèdes. Les regards et les caresses d'amour qui m'ont toujours menti, tu me les laisseras expliquer à mon gré, sans y joindre de trompeuses paroles. Je pourrai interpréter ta rêverie et faire parler éloquemment ton silence. J'attribuerai à tes actions l'intention que je te désirerai. Quand tu me regarderas tendrement, je croirai que ton âme s'adresse à la mienne ; quand tu regarderas le ciel, je croirai que ton intelligence remonte vers le foyer éternel dont elle émane.

Restons donc ainsi, n'apprends pas ma langue, je ne veux pas chercher dans la tienne les mots qui te diraient mes doutes et mes craintes. Je veux ignorer ce que tu fais de ta vie et quel rôle tu joues parmi les hommes. Je voudrais ne pas savoir ton nom, cache-moi ton âme que je puisse toujours la croire belle."

( SAND (George), Lettres d'une vie, Folio Classique, 2004 ; Image : Wikipédia )

25/03/2015

être de type 8 (8w9 exactement)

Type de l'Ennéagramme 8 - Le Challenger

Assumer la charge, parce qu'ils ne veulent pas être commandés

Le Challenger 8.

Les gens de ce type de personnalité ont essentiellement la volonté de ne pas être contrôlés, que ce soit par les autres ou par les événements. Ils ont l'intention d'être maîtres de leur destin. Les Huits sont fortes, décisives, pratiques, avec un esprit fort et beaucoup énergique. Ils ont également tendance à être dominants. Ils vont préférer contrôler les autres pour ne surtout pas l'être eux même. Lorsque tout se passe bien, cette tendance est maintenue sous contrôle, mais elle est toujours là, néanmoins, et peut assumer un rôle primordial quant aux relations interpersonnelles des Huits.

Huits ont généralement une puissance instinctive très forte ainsi qu'un grand appétit sexuel non réprimé auquel ils s'adonnent sans sentiments de honte ou de culpabilité. Ils veulent beaucoup de la vie et se sentent prêts a tout faire pour l'obtenir. Ils ont besoin d'être financièrement indépendants et sont durs au travail pour y parvenir. Leur besoin d'indépendance est si fort qu'il peut parfois pousser les personnalités de type 8 a vivre en marge de la société. La plupart des Huits arrivent tout de même a s’intégrer dans la société mais en étant financièrement autonomes. Malgré tout, les Huits auront toujours du mal a se soumettre a la hiérarchie... sauf s'ils en sont a la tête.

Les Huits ont beaucoup de mal a baisser leur garde dans le cadre des relations affectives. Intimité implique vulnérabilité émotionnelle et cette vulnérabilité est une des craintes les plus profondes des Huits. Toute trahison est absolument intolérable et peut provoquer un sentiment très puissant de Huit violé. Les relations affectives sont souvent comme une arène dans laquelle les jeux sont fait d'avance et sous contrôle de la personne de type Huit. Toute la relation sera basée sur la confiance qui sera la clé de la réussite de son couple. Les Huits ont souvent un côté sentimental qu'ils ne montreront même pas aux personnes qui leur sont les plus intimes, tant leur peur d'être vulnérable est grande. Un Huit ne donne pas sa confiance facilement, mais quand c'est le cas, alors vous trouverez en lui un allié solide et un ami fidèle. Les Huits ont un puissant instinct de protection qui ne manquera pas de se réveiller quand il s'agira de défendre sa famille et ses amis. Les Huits sont souvent très généreux pour que ceux qu'ils aiment ne manquent de rien.

Les Huits sont sujets à la colère. Lorsqu'ils sont sévèrement provoqués, ou lorsque leur équilibre est mis en péril , leur colère peut se transformer en rage... S'ils y sont poussés, les Huits peuvent devenir franchement agressifs, allant jusqu’à la violence. Ils prennent un malin plaisir à 'intimider d'autres individus qu'ils considèrent comme "faibles" et éprouvent peu de scrupule à écraser toute personne qui se trouvera sur leur chemin. Ils peuvent être grossier, brutal et dangereux.

Les femmes Huits sont beaucoup plus susceptibles de s'identifier à un autre type que les hommes. Nombre de traits typiques de la personnalité de type Huit ont été découragés chez les femmes. Pour la plupart, pourtant, c'est d'autres types qui se confondent pour des Huits. Cela est particulièrement commun chez les hommes Six contre-phobique qui ne reconnaissent pas que leur agression est une couverture pour une angoisse fermement ancrée. Septs aussi, sont sujettes à mistype comme Huit, mais ils manque d'intensité de concentration typique du type Huits, et alors que les Deux et Septs ont Huits personnalités de haute énergie, Huits ont un énergie physique à base tandis, que les Septs ont un énergie avec une qualité nerveux, mental.

27/04/2014

visions contrastes

Henri Matisse - Florilège des amours de Ronsard Illustrations.jpg

Hans-Bellmer-Intertwined People (1936.jpg

 

 

 

Henri Matisse - Florilège des amours de Ronsard Illustrations
Vs.
Hans-Bellmer-Intertwined People (1936)

08/04/2014

lalalalallalalallalallalaaa

schulz.jpg

La colère

Ca te vient, ça t´arrive, cent clébards dans la tête,
Une locomotive, un barrage qui pète
Ca te sort d´une graine et ça devient un tronc
Et les branches d´un chêne qui t´éclatent le front
C´est jouir à l´inverse, c´est un ciel à sanglots
Et son grelon qui perce les parois de la peau
C´est pleurer à l´envers, le pétard de la peine
L´orgasme de la haine. C´est s´entr´aimer quand même,
La colère

C´est un piano qui cogne dans l´orchestre des veines
Ce pipeau dont l´haleine sent mille saxophones
C´est la sueur de décembre, mourir en italique
Vouloir nouer ensemble la Manche et l´Atlantique
C´est une épée tendue à la barbe des cons
Une fleur de passion aux pétales pointus
C´est le jour moins le jour, c´est un accouchement
Sans l´aube d´un enfant, les mâchoires de l´amour,
La colère

C´est les yeux qui s´effritent et le poing qui se blesse
Au tranchant des caresses, au baiser de la vitre
"Patron, une dernière, à la santé du diable!"
Et je casse mon verre sur le bord de la table
C´est un rire qui balance sous le ciel des gibets
Et son sexe bandé en haut de la potence
C´est le cœur éclaté mais c´est mieux que se taire
De pouvoir la chanter, comme hurler de colère,
Sa colère

C´est l´anus du Vésuve dessous ma casserole
Un fleuve de pétrole où navigue l´étuve
La langue qui s´embrase, la salive qui brûle
Et le ventre qui hurle pour attiser les phrases
Cette vague de braises au bûcher de la mer
Cette écume incendiaire qui lèche la falaise
C´est un feu de chevaux lancés au cœur des champs
Et le vent qui reprend l´odeur de leurs sabots,
La colère

C´est sauter à deux pieds sur l´édredon des ronces
La rage qui défonce les portes enfoncées
C´est l´opéra du cri, l´orage de tes bras
C´est cracher du lilas à la gueule des orties
C´est un hymne de fou, c´est l´étincelle noire
Qui porte à la victoire l´agneau contre le loup
Un baiser en dedans à l´amitié complice
Qui mord à pleine dents le cul de l´injustice,
La colère
 
Allain Leprest

25/03/2014

Tout ou...

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Comme l'ivresse
la colère
le recul
le gouffre
et l'extase
rien ne chavire plus que l'instant présent.

Ah si, peut-être
le vide.

04/03/2014

30-03-2005 -> 04-03-2014

je pourrais t'arrêter là, toi.

avec risque(s)

Je me figurais que pour s'aimer, un homme et une femme devaient se cacher dans le noir, être étendus sur un lit, et mon étonnement est sans bornes d'avoir découvert qu'ils peuvent s'étreindre le jour et dans la campagne. Que cet acte ait pu être commis en pleine lumière et en dehors d'une pièce close, augmente encore mon tourment. (...) A coup sûr, Dieu nous aura vus. Terrible sera le châtiment. (p.42-43)

Charles Juliet

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sortons encore dans toutes les campagnes
même si les animaux meurent là-bas aussi
même si des corps lacèrent le sol de leur danse
même si les chemins sont invisibles,
nous y arriverons
nous nous y aimerons
nous nous y rencontrerons
à ne plus faire la différence
entre ici et là
entre là et là-bas
entre là-bas et l'au-delà.

02/01/2014

Hésitations entre

Une destruction incessante de toutes les carapaces dont cherche à se vêtir l’individu.
Rejeter sans cesse toutes les béquilles des espoirs, briser toutes les stables créations des serments, tourmenter sans cesse chacun de ses désirs et n’être jamais assuré de la victoire.

René Daumal, Liberté sans espoir

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Dans l’art, le désir revient, mais, tout d’abord, c’est le désir d’annuler le temps (d’annuler le désir), alors que, dans le projet, il y avait simplement rejet du désir. Le projet est expressément le fait de l’esclave, c’est le travail et le travail exécuté par qui ne jouit pas du fruit. Dans l’art, l’homme revient à la souveraineté (à l’échéance du désir) et, s’il est d’abord désir d’annuler le désir, à peine est-il parvenu à ses fins qu’il est désir de rallumer le désir.

 

— Georges Bataille, L’Expérience intérieure, 1943/1954

14/12/2013

merci à Ce Lui

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CorpsCoeurCulCruBonDouxDenseDanseEncoreFouSoupleGrandElogeMagieIntenseGravitéApesanteurVieVieVieAmour.

28/11/2013

SCARY MOVIE

là.

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5 ans de thérapie résumés en 24'33''

Raymonde Hazan explique la problématique du pervers, la proie et comment couper le lien.

Des explications très claires sur les rapports entre les  pervers et les surdoués et des conseils pertinents  et pragmatiques pour s’en libérer.

 

http://www.raymondehazan.com/

Psychanalyste, écrivain, conférencière, Raymonde Hazan spécialisée dans les problèmes du couple et les difficultés des surdoués.

http://hypno-therapie-humaniste-paris.fr/raymonde-hazan-le-pervers-et-le-surdoue/

Plurielle, de part sa force créative elle crée en 2008 Psyendirect.com (soutien et écoute 24H/24)
Parallèlement, elle écrit des chroniques et participe à des articles pour diverses revues et magazines. (Psychologie, Parent, Première, France Dimanche…).

 

voilà.

20/11/2013

tu sais

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il y a quelque chose dans nos étreintes qui me retire du monde, quelque chose qui pourrait m'en protéger mais qui ne rappelle pourtant pas le danger. Chaque enlacement, chaque nuque à cou, chaque étendue de nos dermes apposés impose la loi d'un repos, d'un calme qui va de dehors à dedans, profond dedans. il y a eu peu de corps qui me soit si familier et étranger en même temps, car je sais, tu sais, que tu es exactement autre et exactement mien.

14/11/2013

ah oui

"Curieusement je n’avais jamais regretté un monde. Je n’ai jamais ressenti le désir de vivre dans une époque qui fût ancienne. Je ne puis me désancrer des possibilités actuelles d’inventaire, de disponibilité livresque, d’idéal fracassé, de la sédimentation de l’horreur, de cruauté érudite, de recherche, de science, de lucidité, de clarté.
Jamais le spectacle de la nature sur la terre, étant devenu si rare, n’a été si poignant.
Jamais les langues naturelles ne furent à ce point dévoilées à elles-mêmes dans leur substance involontaire.
Jamais le passé n’a été aussi grand et la lumière plus profonde, plus glaçante. Une lumière de montagne ou d’abîme. Jamais le relief ne fut plus accusé."

Pascal Quignard - Abîmes

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08/11/2013

hey mon amour, pour toi encore

 

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KISSABILITY

" Qu’y a-t-il à l’intérieur d’un baiser ? Les lèvres s’ouvrent parce qu’elles ont soif d’un temps qui les comble. Un baiser réveille le passé en même temps que l’avenir : défaisant la chronologie, c’est la logique qu’il déchire. Dans l’instant du baiser les corps sortent d’eux-mêmes : la subjectivité disparaît, le face-à-face est défait. Je ne crois pas qu’alors on fasse UN : il ne s’agit pas de fusion, mais de satori. En embrassant une femme, s’anéantit ce qui vous attache à vous-même, au temps, à l’espace. Vous n’êtes plus là — et et en même temps, vous n’avez jamais été aussi bien là. "

Yannick Haenel

07/11/2013

Proverbe

 

il y a trois choses qui sont au dessus de moi

et même quatre que je ne comprends pas

le chemin de l’oiseau dans le ciel

le chemin du serpent sur la pierre

le chemin du bateau sur la mer

et le chemin de l’homme dans la jeune femme

 

mais je veux te comprendre

 

comme la corde comprend la main

comme la terre comprend la pluie

comme le sable comprend la mer

comme le bois comprend le feu

 

 

Tristan Cabral




pour toi, mon amour.

08/08/2013

Soeren Kierkegaard - Le concept de l'angoisse - L'angoisse subjective

" On peut comparer l'angoisse au vertige. Quand l'oeil vient à plonger dans un abîme, on a le vertige, ce qui vient autant de l'oeil que de l'abîme, car on aurait pu ne pas y regarder. De même l'angoisse est le vertige de la liberté, qui naît parce que l'esprit veut poser la synthèse et que la liberté plongeant alors dans son propre possible, saisit à cet instant la finitude et s'y accroche. Dans ce vertige la liberté s'affaisse. La psychologie ne va pas jusque-là et refuse d'expliquer outre. Au même instant tout est changé, et quand la liberté se relève, elle se voit coupable. C'est entre ces deux instants qu'est le saut, qu'aucune science n'a expliqué ni ne peut expliquer. L'homme qui devient coupable dans l'angoisse, sa culpabilité est aussi ambiguë que possible. L'angoisse est une défaillance féminine où la liberté s'évanouit, et psychologiquement la chute n'a toujours lieu qu'en état de défaillance; mais en même temps l'angoisse est la chose la plus farouchement personnelle, et nulle manifestation concrète de la liberté n'est aussi jalouse du moi que l'est le possible de n'importe quelle concrétion. On retrouve encore ici cet accablement qui détermine l'ambiguïté de l'individu, son état de sympathie et d'antipathie. Dans l'angoisse cet infini égotiste ne nous tente pas, comme lorsqu'on est devant un choix, mais nous ensorcelle et nous inquiète de sa douce anxiété. "

Soeren Kierkegaard

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