08/02/2008

Décalcomanie

Robert Walker summoning
Le parc, lieu d'enfance, des premières craquelures ou des premières fellations. le parc, donc.
La petite chose, enfant brune et indocile. Elle ne veut pas de moi, en antre, en source. Elle décale tous ses pas de quelques mètres. Les restes, celles qu'elle admire, marchent devant moi. Elle balance sa poupée nue en l'air, première chute dans une bassine d'eau. Je plonge, je cherche, j'accroche, la lui rends. Elle n'attend pas. Elle relance, plus loin. Là, la boue. Je cours, je veux m'essoufler. Je trempe mes mains, mes cheveux, mes dents. Je file le lien, je crache pour que la boue s'écarte, la poupée surgit. Les pieds d'abord, je la nettoie, jambes et cuisses, cheveux soyeux terreux. La lui rends. Elle hurle. Va t en, tu pues. Elle court dans les autres sens, sans que je puisse même vriller. Je la saisis, la caresse, de force, je l'amadoue avec ma terreur. Toutes les deux, nous ne voulons pas nous connaître. Encore un jet de poupon et je plaque mon corps contre la pelouse. je rampe entre les platanes, quelques pensées géantes ont poussé sur leurs écorces. Purpurines, dévastatrices de beauté, elles friment. La petite chose descendante accroche l'une d'entre elle, la dévore et provoque. La famille avance, c'est dimanche, elle se promène. Je suis dans le sol, nue parmi les vers, et le ciel m'écrase. Pas grave, parait que les symboles nous sauvent.

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