15/03/2009

un rappel, des oripeaux

rapée 14 mars 09
Le terme mécanoception désigne les systèmes mécanoréceptifs qui ont la capacité de percevoir le toucher (tact).

Le tact est le sens du toucher, celui des cinq sens correspondants à la perception des stimuli (stimulations) mécaniques. Il s'agit par exemple de la déformation de la peau par la pression qu’exerce un objet.

On distingue plusieurs sous systèmes ayant chacun une spécificité correspondant à un aspect particulier du toucher dépendant des propriétés mécaniques de leurs récepteurs respectifs.

Les disques de Merkel situés à l'intérieur du derme sont des des récepteurs dont l'adaptation est lente et qui fonctionnent aussi longtemps que le stimulus est appliqué. Par exemple si l'on enfonce légèrement un crayon dans la paume de la main, les disques de Merkel perçoivent cette sensation de "décharges électrique" aussi longtemps que le crayon est enfoncé dans la main. Par conséquent ils sont parfaitement bien adaptés pour détecter des déformations de la peau de manière soutenue. Il s'agit d'une capacité qui permet de détecter et de localiser précisément le contact avec la peau, d'un objet grossier mais également d'un objet plus fin, ou des bords d'un objet grossier. Les disques de Merkel permettent également d'apprécier la forme et la texture.

Les corpuscules de Meissner également situés à l'intérieur du derme sont, à l'opposé des disques de Merkel, capables d'une adaptation rapide et d'une réponse très brève mais seulement au début et à la fin de la stimulation. C'est la raison pour laquelle les corpuscules de Meissner sont particulièrement sensibles aux aspects dynamiques de la stimulation de la peau. Ils sont responsables entre autres de la perception de mouvement des objets à la surface de la peau. Ainsi, si l'on saisit un objet et qu'on le laisse glisser, la détection de cet objet se fait grâce au corpuscule de Meissner qui déclenche rapidement et automatiquement une accentuation de la force musculaire pour saisir l'objet qui glisse.

Les terminaisons de Ruffini et les corpuscules Pacini, également situés dans le derme profond, sont, quant à eux, utilisés pour déterminer des régions relativement étendues de surface corporelle. Ainsi les terminaisons de Ruffini ont une adaptation lente mais sont utilisées pour détecter l'étirement de la peau. Ces terminaisons, en cas de déformation de la peau par un objet, préviennent le cerveau de cette distorsion cutanée. Il en est de même des mouvements des doigts des orteils qui entraînent l'étirement de la peau.

Les corpuscules Pacini, quant à eux, sont utilisés pour l'adaptation rapide et la sensibilité fine aux stimulations vibratoires même si celles-ci sont minimes. C'est ainsi que le mouvement d'un poil ou d'un cheveu est perçu grâce à ce type de récepteurs.

La thermoception permet de percevoir la température. Elle dépend de systèmes qui sont sensibles à des différences de températures qui. Ces thermorécepteurs s'adaptent en cas de stimulation qui persiste, c'est la raison pour laquelle ils ont des capacités très importantes pour déterminer des températures relatives et pour les changements de température. À l'opposé leur capacité est restreinte pour caractériser les températures absolues.

La nociception comprend deux systèmes périphériques pour ressentir la douleur.

  • Le premier type de récepteurs est un nocicepteur mécano-thermique qui répond à des stimulations d'intensité importante et qui transmet rapidement, vers le système nerveux central (cerveau et moelle épinière entre autres), les sensations douloureuses particulièrement localisées. Ces transmissions se font à travers une variété de fibres nerveuses : les fibres A delta qui sont faiblement myélinisées.
  • Les deuxièmes types de récepteurs nociceptifs sont les nocicepteurs polymodaux qui répondent à des stimulations mécaniques dont l'intensité est élevée et à des stimulations chimiques (application d'un produit corrosif sur la peau ou ingestion de médicaments) ainsi qu'aux stimulations thermiques. Il s'agit de récepteurs qui transmettent les sensations de la douleur localisée en utilisant des fibres qui ne comportent pas de myéline (amyélinique).
  • Les troisièmes types de récepteurs nociceptifs sont liés aux viscères. Les fibres nerveuses reliant les récepteurs de la douleur au niveau des viscères sont sensibles à l'étirement ou à la distension de ceux-ci. Ces récepteurs sont également sensibles à l'ingestion de produits chimiques. Si on prend l'exemple d'une ischémie myocardique (insuffisance de vascularisation du muscle cardiaque : le myocarde) cette diminution d'apport sanguin entraîne une douleur de type angineuse qui est le résultat de l'acidification c'est-à-dire de la diminution du pH à l'intérieur du muscle cardiaque, à la suite de la fabrication par ce muscle cardiaque, d'une substance appelée les lactates et ceci à cause du fonctionnement du coeur sans oxygène (anaérobie). Il s'agit donc de la nociception viscérale dont la transmission se fait vers le système nerveux central par l'intermédiaire de neurones des ganglions postérieurs et aussi par le nerf vague (10e paire crânienne). C'est pour ceci que les patients atteints d'une lésion de la moelle épinière, lésion sévère, sont susceptibles de ressentir, longtemps après, des douleurs des viscères.

En prenant un exemple pragmatique il est possible de comprendre le fonctionnement de ces deux types de récepteurs. Ainsi, si un individu se coupe accidentellement il ressent immédiatement une douleur aiguë est très localisée. Cette douleur est transmise par les fibres nerveusesnociceptives mécano-thermiques A delta. Puis cette douleur aiguë finit par disparaître, assez rapidement, mais est remplacée par une sensation durable qui ressemble à une brûlure. Cette sensation est transmise au cerveau par l'intermédiaire des fibres C.

La douleur référées est une douleur qui provient d'un viscère, par exemple le coeur, mais est référée vers des localisations à distance du coeur c'est-à-dire à distance de sa source. Il s'agit donc de localisations qui sont fausses mais qui sont confondus au niveau de la corne postérieure de la moelle épinière. Pour comprendre ceci, prenons un exemple simple. Il s'agit d'un patient âgé de 58 ans et qui présente depuis quelques années des douleurs au niveau des lombaires (en bas de la colonne vertébrale. Ces douleurs irradient sur les cotés du bassin (au niveau des hanches) et dans les jambes. Le patient décrit cette douleur comme étant constante et d'autre part ne s'atténuant jamais. Précisons que cette douleur se localise autant au niveau du dos que dans les jambes.
Quand le patient fait un exercice physique soutenu il constate que sa douleur augmente pendant plusieurs heures mais sans paresthésies (engourdissement, fourmillements, picotements etc.).
L'I.R.M. de la colonne vertébrale lombaire met en évidence une dégradation des articulations mais il n'existe pas de signe de hernie susceptible d'expliquer une compression radiculaire (compression des racines nerveuses sortant entre les vertèbres lombaires et provenant de la moelle épinière).
Comparativement à un individu présentant une hernie discale entraînant l'apparition de douleurs liées à la compression radiculaire, la douleur et associée à des fourmillements, des sensations de brûlure dans la jambe, intermittente, aiguë lancinante (douleurs survenant en particulier quand le patient tousse éternue ou lève du poids etc.), le cas clinique de cet homme de 58 ans est différent, puisque dans son cas il n'existe pas de compression de racines nerveuses. En l'occurence, c'est-à-dire pour cet homme de 58 ans, il ne s'agit pas de douleurs neuropathiques mais au contraire de douleurs provenant d'une dégénérescence des surfaces articulaires telles cela peut s'observer au cours de l'arthrose.

Pourtant ces surfaces articulaires sont énervées par des petites branches provenant des racines nerveuses de la moelle épinière et plus précisément de la partie dorsale de la moelle épinière. De ce fait, étant donné qu'il existe pas de compression de la racine nerveuse proprement dit, mais simplement une stimulation des petits faisceaux nerveux, la douleur n'a pas la même caractéristique dans le premier et dans le deuxième cas. Ainsi pour cet homme de 58 ans, la douleur des articulations est ressentie comme une douleur dans les jambes il s'agit d'une douleur référée. D'autre part le fait que la douleur soit soutenue et ne se présente pas par épisodes d'intensité importante et qu'il n'existe pas de fourmillements ni de sensation de brûlure, permet de distinguer ces deux douleurs l'une comme irritation des petites fibres nerveuses l'autre comme une compression radiculaire.

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