13/07/2009

mon Romantisme m'a tuer...

"Descendons au sein de la terre,
Venez, fuyons le royaume du Jour !
Le rude assaut des souffrances amères
Est ton signal, gai départ sans retour !
D’un trait vers les cieux et leur rive
S’élance notre barque étroite et vive.

Louange à la Nuit éternelle !
Louange à l’éternel sommeil !
Nous sommes las du Jour, de sa brûlure,
Et tout flétris de notre long tourment.
Le charme a fui de la terre étrangère :
Entrons dans la demeure, auprès du Père.

Cœurs pleins d’amour et de fidélité,
Quelle tâche ici nous appelle ?
Ce monde rit des choses du passé :
Que valent pour nous les nouvelles ?
O solitude, ô sombre désarroi
De qui porte amour au temps d’autrefois !

Les temps passés où comme un brasier d’or
Les sens brûlaient en hautes flammes claires,
Où les hommes reconnaissaient encor
Le visage et la main du Père,
Où maint d’entre eux, candide et noble cœur,
Gardait un reflet de son créateur.

Les temps passés où des antiques races
Brillait encor la riche floraison,
Où des enfants dans les tourments profonds
Cherchaient la mort, promesse du Royaume ;
Où la vie et les sens parlaient en vain
A maint cœur brisé par l’amour divin. 

Les temps passés où l’on vit Dieu lui-même,
Manifesté dans sa jeune splendeur,
Vouer à la précoce mort, suprême
Élan d’amour, sa douce vie en fleur,
N’ayant point repoussé la coupe amère
Afin que cette mort nous fût plus chère.

Nos yeux brûlés d’angoisse et de regret
Pleurent ces temps perdus dans la ténèbre.
Rien ici-bas n’apaisera jamais
L’ardente soif en nous comme une fièvre.

Pour vous revoir encore, ô temps bénis,
Reprenons le chemin du cher Pays.

Ah ! pourquoi retarder notre retour ?
Depuis longtemps nos bien-aimés reposent.
Leur tombe clôt la course de nos jours,
La douleur vient, et le souci morose.

Poursuivre notre quête – que nous sert ?
Nos cœurs sont las, ce monde est un désert.

Illimité, mystérieux,
Un doux frisson traverse tout notre être.
J’ai cru surprendre au plus profond des cieux
L’écho lointain de nos tristesses :

Murmure, appel, nostalgique soupir
Des bien-aimés là-bas pleins de désir. 

Descendons vers la tendre Fiancée,
Vers notre Bien-Aimé, Jésus –
Venez, l’ombre du soir s’est éployée,
Douce aux amants par le deuil abattus…

Un rêve rompt notre chaîne dernière
Et son aile nous plonge au sein du Père."

Nostalgie de la mort  de Novalis (ok, achevez moi)

jeff bark crumbled

Une fatalité aux couleurs d'absence... drôle d'histoire pour un sonneur.

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