16/07/2009

Archive du 28/12/2005 (ressasse, ressasse, ressasse...)

Les racines, trempez les dans l’huile, trempez les dans l’âme, elles feront un escarre gros tout chaud. Les principes de vie indignes de la perpétuation sans regret dérivent au fond des lampes. Les miroirs sur les quatre murs bien fermés sifflent quand on
les effleure. On voudrait renaître ailleurs, danser mieux, crisper ses doigts de liberté… mais rien n’y fait. On replonge dans le sang béni, on s’immerge dans le plasma sensible avec une délectation nostalgique.

 belsinski déesse

Attention, lui va mourir… on prend l’instrument contre son tympan, on rassure la parole d’une pensée équivoque malgré le temps qui a passé au creux de ses bras, on libère les vocables cachés, on joue avec le bonheur oublié, les malheurs convexes, puis on dit, allez, continue à vivre, parait que ça tient bien, le cœur, quand on le soutient. J’ai deux p’tits bras ingrats, de ceux qui n’ont jamais voulu se tendre vers vous, prends tout, les mains et la tension de l’épaule, tout vers toi, comme ça, tu pourras dire, après, dans la tombe, que j’ai finalement essayé, essayer pour moins payer, peut-être.

 

Et l’autre, paralysée comme un stalagmite effondré dans une grotte de lasse cause… elle gît déjà et m’appelle « belle », comme si elle reconnaissait un être vivant, naturel, derrière les absences, les rancoeurs et les gisements de pétrole neurasthénique qui montent le long des pierres… Elle voudrait que je la remplace, dans la fosse aux survivants, que je prenne la place de la modèle, que je ris en soie et en bois, pour qu’enfin, elle repose, coincée dans ses muscles rétractés par l’égoïsme… le réveil de la matrice impose un respect du néant parce que tout périra dans les roches, ah la jolie histoire de la rédemption et de la contumace posthume … encore une naïve au pays des crédules ? Alice, tu n’es pas mère.

 

Et puis, il y a le préféré, le diabolisé par les diables, celui qui a dit « je suis poète, haïssez moi », celui qui donne plus qu’il ne peut, parce que le principe universel de don est noble, parce que racheter ses fautes est une gageure contre l’oubli. Il dérive, entre deux intestins courageux, à jouer l’eau qui dort pendant que la tempête prend des airs de fête.

La réconciliation d’un temps inouï avec l’idéal à la broche, quel beau discours pour ceux qui ne se souviennent pas.

 

Les accuser est un délice astringent, couvert de larves salvatrices et autres sangsues libératrices de salives putrides. Il faudrait qu’ils portent tout pour que je sois vaporeuse, pourtant, ils lancent les chaînes à travers les plaines, clouant moutons et poussière en un jet de pierre. A col d’oiseau, je pourrais leur ressembler, le bassin fier, la tête empaillée et les pieds déformés, tout ça posé sur une étagère de conserves dans un garage garde-manger.

Parait que les gens gris finissent gris aussi, ils traversent le monde sur une trajectoire rigide dans des régions tempérées ignorées et ils signent d’un sang livide le testament des pas si méchants… en riant, toujours, comme si rien d’avant n’avait d’importance.

Les commentaires sont fermés.