04/02/2010

Trudy, dis

david stoupakis bleed_large_painting 
Trudy, je te voulais morte mais carapace coriace vivace connasse te vont bien. Je te connais encore dans tes frasques, en lice avec les pavés. Tu es dans ces chiottes que je lèche, tu es dans la porte que j'ouvre, tu es dans le lit que je baise, tu es dans ces cheveux que je caresse, je t'ai vue dans un film, dans une chanson, dans un courant d'air. Trudy, tu persistes, signes et gagnes, finalement.
Heureusement, je me console en révélant que tu as été trompée, tu as été trahie, à ton tour, j'ai convolé avec l'idole, j'ai sucé ton agneau et c'était une maison en bois aux des volets vides, le soleil avait beau t'éviter, j'ai ouvert mes cuisses vers le ciel pour que tu me sentes du haut de ton donjon. Trudy, je devrais t'aimer, toi et mon toi, te caresser, m'identifier à tes mystères, tes gommes. Te dire combien l'absence que tu crées est une prégnante discipline, tu es toujours là, toi avec ce que tu vaux et celles qui t'ont précédée. Trudy, tu es la poupe d'un vaisseau fantôme, derrière toi, mille têtes de vieilles rameutent les requins. Je dois t'envier, dis tu? Je t'aime et te hais. Je ne sais  pas encore, je n'ai jamais su, Trudy, je ne sais pas si je t'envie, je sais que tu te vides en moi et que parfois, tu es hors de moi, souvent, tu me vides, tu m'emplis, heureusement, je suis une ogresse, une mangeuse de temps et de salive, nous sommes deux pendants d'une chair atroce, mon cul contre ton idée de mon cul, je suce mieux que toi, j'embrasse mal, on me le dit à l'oreille, dans le trou. Oh chère, voyons nous sans l'une ou sans l'autre, que je puisse héler ce qui me vient naturellement.
Voilà, Trudy, nous en sommes encore au temps du jardin d'enfants, ne m'en veux pas, nous faisons ce que nous pouvons pour regarder au dessus des grilles. Je voudrais tant avoir tout pour rien, parfois.

Les commentaires sont fermés.