08/06/2010

deux chaises, un gros cul

j'ai l'extrême chance ou désobligeance d'être exactement entre deux voies, je ne parviens pas à décrire si elles sont parallèles ou perpendiculaires. La voie dite spirituelle et la voie du pied-à-terre. ça m'est arrivé avant, à des points de vie, de vue variés, accompagnés ou seuls. Ici, une forme de variation. je ne me sens pas à choisir ou être entre deux eaux, juste être devant deux chemins aussi illuminés ou lumineux qu'indéfinis et obscurs.

Family Album 017
Ce qui est embarrassant devant cette perception de ce qui vient, ce n'est pas tant qu'il y a choix à faire puisque je n'ai ni force ni envie ni même obligation de le faire, il n'est pas de dichotomie optionnelle à accomplir, mais c'est la place que je prends face au seuil, ou la place que je ne sens pas. Je n'ai aucun mot, aucune précision quant à la ligne qui invite à ces chemins, je suis incapable de tenir la craie et dire, ici, ce sera les buts, ici, la prison, ici, la marelle, ici, la terre. Question de force, comme déjà dit, question de vision aussi. Je n'ai pour une fois qu'un seul épithète pour compagnon de route: imperceptible.
Et cette division entre le corps présent pesant que j'utilise et l'esprit que je veux changeant et déridé (mais souvent, je suis figée, installée, lourde) permet l'absence de frontière. Oui, il me manque une frontière. Du coup, la zone comme dans The Stalker est exactement partout, au delà ce que son étymologie indique. Un no man's land éthéré, proche d'un concept.
Du coup, quand je dois marcher, parler, manger, dormir, faire, exprimer, bref, effectuer les tâches humaines, être avec sous à côté dans les autres, je ne prends pas position, ni posture, ni pose, je ne sais pas où je suis au sein de ce tout géant et grouillant, je ne dis rien, j'évacue parfois autour d'une Kriek sous un arbre, autour d'un gâteau inventé surnommé l'oreille de Totoro, autour d'une vapeur féminine, autour d'une éjaculation masculine ou interne, mais rien ne me semble familier puisque tout semble si étendu, distendu, tordu. Oui. L'espace trop grand créée une distorsion de l'espace-temps que je croyais connaître puisque j' suis née, j'y grandis et j'y mourrai. Je ne peux pas me sentir puisque tout est tellement plus/trop grand. C'est la souche, ce mot qui me fait chialer hier en lisant une description de composition d'arbre, c'est la souche qui fait défaut, je suis un arbre inversé, à l'envers de la terre, je suis peut-être ça, mais au delà de la hippie symbolique de l'arbre qui prend pied dans le vide, je tente aussi de sentir la sève, de sentir la sève, de sentir la sève, et c'est bien là le plus grand trou dans mon oeil

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