26/06/2011

2009, trop tard

Ecoutez la séquence journal la Première 15/05/09

LA LIBIDO VIEILLISSANTE :DISTANCE ESTHETIQUE

House of Sleeping beauties

House of Sleeping beauties (c) Maarten Vanden Abeele

Le compositeur Kris Defoort et le metteur en scène Guy Cassiers proposent une adaptation à la fois visuellement inspirée et pourtant étrangement froide et distanciée.

(c) Maarten Vanden

(c) Maarten Vanden

Dans cette House of Sleeping beauties, d’après un roman du Japonais Kawabata, un vieillard vient dormir aux côtés de très jeunes filles endormies et droguées auxquelles il ne peut, par convention, pas toucher. Mais leur présence lui fait plonger dans son passé, ses relations avec sa femme, ses filles, sa mère. On frôle l’inceste et la pédophilie sans jamais les rendre explicites : c’est tout l’art de l’ellipse. Mais la mise en scène de Guy Cassiers, aidé par Sidi Larbi Cherkaouipour les trois chorégraphies de jeunes filles suspendues, manque et de sensualité et même d’ambiguïté.

Abeele

Abeele

Sur des thèmes aussi équivoques, Benjamin Britten avait fait beaucoup plus terrifiant et émouvant avec The Turn of the screw. La musique de Chris Defoort met en valeur les dons exceptionnels de la soprano Barbara Hannigan, à l’aigu surhumain et d’un chœur de jeunes filles qui apportent un contre-point harmonieux. Patrick Davin met en  valeur les multiples facettes d’une partition plus intéressante que le livret.

House of Sleeping beauties, de Kris Defoort, à la Monnaie jusqu’au16 mai www.lamonnaie.be

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