19/04/2016

à un moment

à un moment précis, 

on a envie de coller tous les moments ensemble, passés à être en train d'être

d'appuyer pour que la colle sèche

que les strates ne soient plus que ligne

et qu'enfin, on puisse être funambule mais en marche 

vers d'autres strates

mais le vivant ne s'empare jamais des lignes, ni des carrés d'ailleurs.

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13/04/2016

corps célestes

faute de terres.

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lonesome cowboys

"La solitude. C'était l'unique passion réellement active qui me restait à présent, ma seule obsession véritable. J'avais acquis, du moins l'espérais-je, avec les années, les mauvaises années en particulier, une certaine patience, et je me considérais comme relativement mesuré dans mes propos, et même persévérant, vertus qui m'avaient toujours si évidemment manqué, et je voyais comme enfin révolue l’époque ou je m’épuisais en rébellions futiles. (...) À présent je menais, ou du moins en avais-je l'illusion, une guerre beaucoup plus saine, plus limitée, plus circonspecte : elle consistait essentiellement en évitements prudents et en retraites mûrement préméditées."

(Alfred Hayes, Une jolie fille comme ça)

 

Vintage shot of a dive in Erie school, Erie, Pennsylvania.jpg

Marina Abramovic and Ulay. That Self–Point of Contact. 1980.jpg
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Wally Elenbaas. Alice. 1953-1955.jpg
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
« Et si nous revenons à la solitude, il nous devient de plus en plus clair qu’elle n’est pas une chose qu’il nous est loisible de prendre ou de laisser. Nous sommes solitude. Nous pouvons, il est vrai, nous donner le change et faire comme si cela n’était pas. Mais c’est tout."
(Rilke, lettre à un jeune poète)

best of

fragments du réel.
morceaux choisis.
ordre rétabli dans éparpillement engoncé.
coeur sourire à plat.
valises boulets.
ombres de l'enfance vacillent.
reconnaissance d'un corps à tendre.
division et multiplication.
virages intestins.
mardis, samedis, tous éteints.
vite, combles.
vite, caves.
vite, supérettes d'Eros.
vite, les autres autour.
vite, couleuvres et méduses.

je viens d'apprendre qu'une pieuvre s'est échappée d'un aquarium par un tuyau de vidange pour retrouver la mer.

ouf

ça

c'est

une

vraie

bonne

nouvelle.

hugo.jpg

autre

tu ne sais rien de mon angoisse
rien de mes journées avortées
tu voudrais ombre implacable
coller à ma peau
et suivre le lent cheminement
de la mort dans mes veines
ombre implacable d'un amour
qui aurait pu vivre
comme une semence détachée
de ses yeux

Francis Giauque, Terre de dénuement, 1968.

12/04/2016

NDE

en un clin d'oeil,
faire le tour d'un temps barbelé et plus si affinités
et les voir défiler
ces moments où la vérité semblait être centre

curieux moment comme d'avant la mort
roulement de tambours et vrille de ventricules


film à couper au couteau
montage en quête de calme.

 

Un_Chien_Andalou2.jpgbunuel-dali-un-chien-andalou.jpg

laissée

c'est le moment du corps en berne, l'immense intimité réduite au froid, l'incommensurable promesse dévitalisée.
Un je retrouvé perdu au bord d'un trottoir une nuit, hagard et virulent, cherchant querelle aux vents et au sol. Sommeil hachuré et os encrassés.
Les maisons s'allument et s'éteignent avec les choses du jour et de la nuit.
Plus rien ne frémit, aucun bruit n'est précieux.
Le soupir et l'épaule coincés sous le tapis.
Les mots interviennent dans le coeur, ils percent, ils frappent, ils désolent.
Le son ne fait pas sens, alors tout est infiltré, tout s'atténue quand il y a la litière à changer, le coin de table à cogner, la lessive à étendre, le pas de porte à franchir, cette rue à ne pas concevoir, ce lieu à ne pas revisiter.
Le goût d'un sac en plastique sous la langue.
L'odeur d'un marais dans l'oeil.
Et la neutralisation de l'écho.
Et la neutralité des va-et-vients.

Leila Forés. Invisible day. 2015.jpgça s'évapore, pourrait susurrer le temps à l'oreille
ça resourcillera, pourrait craqueler la peau
ça répercutera, pourrait déniveler le regard dans le noir

y a rien qui vaille.

fantômes, consolez.

10/04/2016

d'avant là

qu'allons nous faire des souvenirs, de ceux qui n'ont eu d'éclat qu'avec le corps, les ferons nous vriller vers le non-sens, le monstre puis l'oubli? auront-ils le goût des autres choses qui n'ont pas fait bon vivre? la coagulation fait elle effet après la brèche dans la paroi? la vasoconstriction rendra t elle l'image floue? que deviendront-ils ces instants T où toutes les verticalités s'accordaient où toutes les singularités fusaient? que deviennent les souvenirs dont la trace ne semblaient pourtant pas importante au moment mais qui le lendemain faisait le bout de chemin en plus? comment ne pas figer les étapes en un creux? DSC02889.JPG comment ne pas faire l'amalgame entre les mots et les caresses? comment nourrir l'indépendance de chaque souvenir pour qu'aucun ne s'épuise avec le temps et la colère et la tristesse? comment éviter que les strates de la somesthésie s'aplatissent? comment ne pas sombrer après que chaque je t'aime ait été si grandiloquent ? comment garder le possible qui a été ferment dans sa ténacité, sa tension et sa vigueur? comment ne pas rester embrumée dans le trop de réponses faites par soi-même? comment scruter son squelette sans échouer sur les fractures? comment garder la lumière du phare quand les plombs ont sauté? comment rester vivante dans les dermes quand la peau n'est plus tendue que par la torpeur?