22/02/2017

destinée...

La jalousie précède l'imagination.
La jalousie, c'est la vision plus forte que la vue.

Pascal Quignard.

W. T. Benda, Masks, 1920s.jpg

21/02/2017

l'égocratie

petit mot, égocratie, résumé des sédimentations. sédimentations des manques et des étouffements. étouffements des nombrils et des cellules. cellules dans lesquelles on enferme celle ou celui qui dit tu. tu es un faut je un faux je. je suis pas celle que tu crois. crois moi croix de fer on n'a plus rien à faire. faire le bien n'est pas un idéal, c'est un quotidien basé sur l'effort. effort de frappe et frappe moi avec tes tentatives. tentatives de bouc émissaire, commissaire. des lèvres, des pores, des rebonds. sans force, sans honte, sans retour.

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hypocrisie de la bienveillance détrônant le silence

rhooo comment osez-vous retirer les preuves de vos yeux?
rhooo comment osez-vous dissimuler ce que tout le monde sait-voit?
rhooo comment osez-vous jouer à colin-maillard lorsque vous êtes nus?
rhooo comment osez-vous ???

 

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Mot clé

A.− FORTIF., vx. Ouverture pratiquée dans un ouvrage pour pointer et tirer le canon et dont l'ébrasement est généralement extérieur (par opposition au créneau). Quelques archères, et des rares embrasures des canons (Gracq, Syrtes,1951, p. 22).
B.− Usuel. Ouverture pratiquée dans l'épaisseur d'un mur et permettant d'y placer une porte, une fenêtre. Embrasure d'une porte, d'une fenêtre; embrasure profonde. Il parvint à la porter, à la pousser jusque dans l'embrasure d'une porte cochère (Martin du G., Thib.,Été 14, 1936, p. 554).Une seule petite fenêtre dans une embrasure d'un mètre de profondeur (Triolet, Prem. accroc,1945, p. 13):
... en manches de chemise et les mains dans les poches, il vint s'appuyer contre l'embrasure de la porte. Green, Moïra,1950, p. 98.
En partic. Biais donné à l'épaisseur du mur où est pratiquée l'ouverture. Synon. ébrasement.Les côtés de cette fenêtre n'ont pas assez d'embrasure (Ac.1932).
P. ext. Tout espace ouvrant sur l'extérieur. Derrière le bois des fauteuils, et sous le tapis, dans l'embrasure des rideaux, des petits bouts de papier (Aragon, Beaux quart.,1936, p. 31).L'avant-bras passé dans l'embrasure de sa robe de chambre (Queneau, Loin Rueil,1944, p. 80).
P. anal., ODONTOLOGIE Embrasure gingivale. ,,Espace délimité, dans un plan sagittal, par le point (ou la surface) de contact de deux dents adjacentes, par le septum interdentaire et latéralement par une partie des faces proximales de ces deux dents`` (Sins. Parodontol. 1973).
 
Prononc. et Orth. : [ɑ ̃bʀ ɑzy:ʀ]. Mais [ɑ ̃bʀa-] ds Dub. et Lar. Lang. fr. Cf. embraser. Le mot est admis ds Ac. 1694-1932. Étymol. et Hist. 1. 1522 « action de mettre le feu » (J. Bouchet, les Regnars traversant, fo96 rods Gdf.); 2. 1539 archit. (M. Roy, Artistes et monuments de la Renaissance en France, t. 1, p. 236); 3. 1616 « ouverture pratiquée dans un mur pour pointer le canon » (d'Aub., Hist., I, 245 ds Littré). Dér. du rad. de embraser* « mettre le feu » et « élargir »; suff. -ure*. Fréq. abs. littér. : 381. Fréq. rel. littér. : xixes. : a) 483, b) 841; xxes. : a) 579, b) 408. Bbg. Archit. 1972, p. 79. − Rommel 1954, p. 168.

18/02/2017

le rat des villes et le rat des chants

bienheureux les terriers qui n'ont jamais vécu de coup de grisou.
bienheureux les amoureux ré-unis dans le nid bien construit.
bienheureux les avis sur soi et les conseils des autres.
bienheureux les incapables d'avoir transmis la peur.
bienheureux les couloirs, les salles d'attente et les tunnels.
bienheureux les interstices entre le temps dévoré et l'éternel.
bienheureux les nerfs à vif mutés en miel colérique.
bienheureux les mensonges d'esprit et les creux d'âmes.
bienheureux les doigts qui entrent dans le sang pour évider leur propre angoisse.
bienheureux les à priori et les dévolus qui dégagent la raison.
bienheureux les pavés de l'enfer et leurs bonnes intentions.
bienheureux les travaux forcés et les désengagements de l'intime société.
bienheureux les violents qui se cachent dans les corps de pères attendris.
bienheureux les coups bas et les actes gratuits faisant fi des intériorités.
bienheureux les hommes affaiblis uniquement par eux-mêmes.

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blue velvet

le bleu est la couleur de l'amour, celui qui dure toujours, entre l'irréel et le ciel.
le rouge, c'est aussi la couleur de l'amour, celui qui dure pour soi, entre le ponctuel et le sang.

je dois être daltonienne des couleurs primaires... à moins que les écrans de fumée aient été bien trop sulfureux.

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06/02/2017

En dessous du titre

Saudade en boucles

pour retirer les chewing gums de mon trottoir.

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perturbations atmosphériques

Fado.
Musique pour le sol.
Notes de terre et d'eaux.

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le soleil ne cache pas la mort - acte 2

Tu es l'animal, perché, terré, aux aguets. Peu importe le coin, tu observes. Queue et yeux vrillés dans l'absurdité de la cité. Tu es un grand animal, de ceux qu'on craint parfois. Pourtant, la plupart du temps, on ne te voit pas, on ne te sait pas, on ne te sent pas. A la limite, on perçoit une ombre, une sensation de présence. Il y a bien des lieux pour te trouver endormi et t'observer sans tracer. L'un d'entre eux. Le lit. Grand lieu de ton abandon. Tu sais écarteler tes membres de sorte qu'on peut te penser souple, plus grand aussi, plus à l'aise, plus en lien avec ce qui est vivant. C'est au lever du jour qu'on perçoit ton incommensurable maladresse, de celle que les échassiers et les albatros ont en commun. Tu traverses alors l'espace de manière dirigée. Faire ça, refaire ça, passer là, pour faire et faire et faire quelque chose qui soit cohérent avec l'espace. Organiser, viser, dessiner le moment, comme si tout avait une raison d'être. Tu te rends indispensable par ta démesurément grande adaptation. Tellement que tes contours entrent dans les murs, dans le sol, dans les draps. Ta place est en fait toute la place. Ta perte est en fait toutes les pertes. Dehors tes errances sont nobles. Elles permettent aux moineaux, aux chats, aux renards de ne pas craindre l'humain, en tout cas à ce moment. Ta transfiguration passe par le regard de ces êtres du silence. Tu n'auras pas d'autres choix que d'avoir un imaginaire cosmique, des rêves sibyllins, et des tourments universels. Je te dis tu car il semble que malgré les apparences du flou et du trou, je te connais, je crois même que je t'aime, entre les marais et les dénivelés. Au fond du bâtiment que tu habites la plupart du temps, entre un ascenseur et un couloir, un passage étriqué mais pas pour ton corps. Vers un jardin qui attend que tu y meurs. Comme un animal qui connait sa dernière place, tu t'y loveras entre tes dernières syncopes. J'imagine que tu auras choisi l'essence de l'arbre, l'hydrométrie de l'humus et la couleur des feuilles pour t'accompagner dans ton dernier paysage. Quelque part dans la rétine qui me tient au monde, je sais quelles lignes t'appartiennent et quelles sinuosités m'ont invitée à danser.

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